C’est l’histoire d’une ratoune de bibliothèque…

… qui a à cœur d’aider les éditeurs, éditrices, maisons d’édition indépendantes passionnées de fiction de genre à amener les œuvres anglophones qui les font vibrer au public français.

Hey, je suis Eva !

Je suis traductrice de l’anglais au français, conteuse dans l’âme, et mordue de fiction de genre.

Rien de tel pour voyager loin (ou dangereusement près), tout en observant notre monde et notre âme au microscope !

Sous quels formats ? Tous ! Les livres, bien entendu, mes amours de toujours, le cinéma, les jeux (vidéo), les jeux (de rôles), ou même certains podcasts, qui ne sont pas sans rappeler les plus grandes invasions radiophoniques d’Orson Welles.

Vis ma vie de lectrice

L’autre jour, à la bibliothèque, j’ai été intriguée par un roman mis en avant par les bibliothécaires : un couple de lesbiennes arpentant un univers postapocalyptique ? N’en dites pas plus, regardez, il y a mon nom écrit dessus !

Rentrée, je me jette avidement dessus, oubliant les romans que j’avais réservés et soigneusement sélectionnés.

Et je déchante vite.

Je me dis “c’est horriblement mal traduit”. Je finis le premier chapitre. Et je le rends sans y retoucher, bien contente de ne pas avoir investi mes propres deniers dans ce grand format.

Et je trouve ça triste ! Réellement, ça me brise le cœur. Je suis sûre qu'il y avait dans ce livre une histoire qui pouvait m'embarquer avec elle.

Vis ma vie de traductrice

En tant que lectrice, un roman pas très bien écrit a déjà tendance à me sortir de l’histoire. Ça peut me pousser à ne pas finir le livre, voire me méfier de la maison d’édition.

En tant que traductrice, avec un roman mal traduit, je vais en plus essayer de reconstituer le texte anglais dans ma tête au fil de ma lecture. Et là, ça peut m'amuser cinq minutes, mais il faut vraiment que j'aie envie de savoir pour continuer.

C’est pourquoi, alors que mon métier, comme tant d’autres, vit de profondes mutations liées à la technologie, j’ai à cœur de garder l’aspect humain, notre profonde humanité, au centre de mon travail.

Alors bien sûr, dans mon sac à malice, mon sac de Mary Poppins, on trouve de la grammaire, du vocabulaire, de la syntaxe, et même des figures de style.

Mais surtout, un immense amour :

  • Une empathie et une ouverture d’esprit que je cultive patiemment, minutieusement. (Pour faire rempart à l’ignorance, et de là, à la haine.)
  • Une langue vivante et inclusive, que j’étoffe joyeusement. (Pour parler au mieux de nous toustes, sans oublier personne.)
  • Une réelle envie de faire votre connaissance, et de comprendre en profondeur le récit que vous me faites l’honneur de me confier. (Pour raconter votre histoire d’une manière aussi authentique que possible, dans toute sa complexité et sa subtilité.)
  • Un esprit fait-main, qui je l’espère sublime mon amour du détail et de la nuance. (Pour faire face au rouleau compresseur déshumanisant de l’IA.)

Résister, encore et toujours, à l’envahisseur

Parce que quand je lis un livre, c’est pour l’expérience humaine. Celle qui me relie aux personnages et leurs trajectoires, à l’auteur ou l’autrice, et aux autres lecteurs et lectrices.

Et pour moi, faire du volume, traduire (écrire, filmer, publier) au kilomètre, ou pire, confier le travail à l’IA, se fait au détriment de cette expérience intime du récit.

Dans son ouvrage Sapiens, Yuval Noah Harari avance que ce qui distingue l’être humain des autres espèces, c’est notre propension nouer des liens en se racontant des histoires. Et en tant que lectrice (cinéphile, rôliste), je refuse de renoncer à cette expérience profondément humaine.

Parce que les histoires façonnent nos pensées et notre perception du monde.

Parce que les histoires m’aident à mieux comprendre mon prochain, plutôt qu’en avoir peur et finir par le haïr.

Parce que je trouve notre époque tourmentée, et je vois bien que les histoires que racontent nos dirigeants et nos puissants façonnent le monde. Je n’aime pas ce qu’ils racontent.

Mais je suis convaincue que nos histoires peuvent encore influencer le cour des choses.

Nos essais, nos articles et documentaires, nos manifestes.

Nos romans, nos films et séries, nos jeux (comment oublier le déchirant Enterre-moi, mon amour ?)

Et la fiction de genre, qui sait si bien grossir le trait, attirer notre attention sur des éléments subtiles autant que flagrants, est loin d’être en reste.

Enfin, parce que je veux être une bonne ancêtre. Pour mon enfant, pour les siens, pour les générations futures. Je ne sais pas si je peux encore laisser le monde dans un meilleur état que celui où je l’ai trouvé (ces jours-ci, je suis pessimiste), mais rien ne m’empêchera de me battre pour le faire !